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People and Legacies of the Great War

Date:11-Nov-2014 . 11h00

Lieu:Auditorium

Contact:+971 (0) 2 65 69 555 / communications@psuad.ac.ae [view map]

Auditoire:Ouvert au public

Anne-Claire de Gayffier-Bonneville

A l’automne 2014, l’actualité du premier conflit mondial au Moyen-Orient est loin de se réduire à la commémoration des premières batailles de cette guerre, au demeurant sur d’autres théâtres. La région, telle que Français et Britanniques l’ont dessinée au sortir de la Grande Guerre, est agitée par des forces politiques qui ébranlent des constructions étatiques de près d’un siècle. Un chef de guerre, Abû Bakr al-Baghdâdî, proclamé calife le premier jour du ramadan 2014, prétend faire revivre une institution multiséculaire abolie en 1924 par la toute jeune République turque. L’espace dont il a pris le contrôle avec son organisation est érigé au rang d’« Etat islamique », faisant fi des Etats existants et de leurs frontières comme des réactions de la communauté internationale. Dans le même temps, la minorité kurde est en passe de s’imposer comme un acteur régional incontournable, au grand dam des Etats iranien, turc et syrien qui n’ont jamais reconnu l’existence d’un groupe national kurde en leur sein : elle se retrouve, en effet, en première ligne dans la guerre qu’une coalition internationale engage contre les djihadistes. Toutefois, la Turquie paraît tout aussi résolue, au XXI° siècle qu’au sortir de la Première Guerre mondiale, à contrecarrer l’apparition d’une entité nationale kurde.

Les récentes évolutions géopolitiques nous invitent à tourner notre regard vers le front secondaire de la Grande Guerre que fut le Moyen-Orient, devenu le front principal d’un conflit à plus basse intensité mais tout aussi international.

C. Monjou

14-18 et l’Image : d’une Représentation-Constat à la Crise de la Représentation.
La guerre a d’abord été représentée dans ses aspects traditionnels mais aussi originaux par des images réalistes, souvent à l’aide de techniques nouvelles, par exemple la photographie. Face aux éléments tragiquement modernes de cette guerre, une esthétique de la modernité s’est développée. Jusqu’à ce que le conflit atteigne par son horreur la dimension de l’innommable déclenchant ainsi une véritable crise de la représentation.

JJ Pérennès

« Apparemment, rien ne préparait Antonin Jaussen (1871-1962) à être un acteur significatif dans la première guerre mondiale. Originaire de la montagne ardéchoise, ce religieux dominicain commence sa vie d’adulte à Jérusalem, comme professeur de langues sémitiques dans la toute nouvelle Ecole biblique de Jérusalem, qui va renouveler les méthodes de lecture de la Bible y introduisant la méthode historico-critique. C’est sa connaissance des dialectes et des mœurs des bédouins sur lesquels il a écrit des ouvrages remarqués qui l’amène à être recruté en 1914 par l’Intelligence service britannique et le Service d’Information de la Marine française du Levant. De Port Saïd, où il est basé lorsque les religieux français sont chassés de Jérusalem par les Ottomans, Jaussen va sillonner la région de la Méditerranée à Aden. Intrépide, il révèle des qualités précieuses : un vrai patriotisme, une très bonne connaissance du terrain, une mentalité de baroudeur. On lui doit d’avoir prévenu les Britanniques en 1915 d’une attaque imminente du canal de Suez par le désert. Il est au Hedjaz aux côtés du colonel Brémond et de Laurence d’Arabie lorsque se discute l’avenir de la région, suite aux accords secrets Sykes-Picot. Bref, il devient un acteur de la grande histoire. C’est ce qui justifie qu’il soit évoqué cent ans plus tard sur les lieux mêmes qu’il parcourut alors. »

Vital RAMBAUD

Les conséquences littéraires de la Grande Guerre

La première conséquence de la Grande Guerre sur la littérature est qu’elle a occasionné la mobilisation de toute une génération d’écrivains. Parmi ceux-ci, plus de cinq cents ne revinrent jamais et, si quelques uns laissèrent derrière eux une œuvre déjà importante, l’immense majorité avait à peine entamé la sienne et nul ne sait de quels chefs-d’œuvre la guerre nous a privés. Les survivants rapportèrent du front une abondante littérature de témoignage qui, comme Le Feu d’Henri Barbusse (Prix Goncourt 1916) ou Les Croix de bois de Dorgelès, connut un immense succès. À ces témoignages des écrivains combattants, s’ajoute la masse énorme de lettres, carnets et journaux que rédigèrent des combattants transformés par les tranchées en écrivains.
La guerre eut, d’autre part, pour conséquence de condamner au silence les écrivains non-combattants. Ce silence fut parfois positif : Proust mit, par exemple, à profit les années de guerre pour remanier le projet initial d’À la recherche du temps perdu et donner à celle-ci toute son ampleur. Mais, quand, comme un Barrès, ces écrivains voulurent, en renonçant à leur œuvre personnelle, participer, à leur manière, à la guerre en cherchant dans la presse à entretenir l’ardeur patriotique, on leur en fit violemment reproche. De manière plus générale, ce sont, au lendemain de la guerre, tous les maîtres d’avant 1914 qui se virent mis en accusation par une partie de la jeunesse et privés d’audience.