Conférence

Accueil / événements / Conférence / VAINCRE LA DISCORDE. PAIX DE RELIGION ET COEXISTENCE RELIGIEUSE DANS L’EUROPE DU XVIE SIECLE
PARTAGER SUR:

VAINCRE LA DISCORDE. PAIX DE RELIGION ET COEXISTENCE RELIGIEUSE DANS L’EUROPE DU XVIE SIECLE

Date:26-Oct-2016 . De 18h30 à 20h00

Lieu:Amphithéâtre Robert de Sorbon

Contact:+971 (0)2 65 69 555 / communications@psuad.ac.ae [view map]

Auditoire:Ouvert au public

Cette conférence à deux voix s’interrogera sur les modalités de sortie des guerres de Religion et de pacification dans l’Europe du XVIe siècle, en particulier dans le Saint-Empire-Romain-Germanique et le royaume de France. Les questions de la coexistence religieuse et du vivre ensemble à cette époque reste une question d’actualité essentielle.

 

Pr. Dr. Denis CROUZET

La rupture de l’unité chrétienne entraîna à partir de la décennie 1520 une crise profonde qui se traduisit par des conversions mais aussi par des violences, des massacres et des guerres de religion. Il s’agira de s’intéresser aux modalités de sortie de l’affrontement, d’abord dans les cadres du Saint-Empire où Charles Quint, pourtant victorieux sur le plan militaire en 1547 et mystiquement attaché à l’unité de foi, doit concéder en 1555 la paix d’Augsbourg. Est donc instauré un régime de liberté religieuse mais elle est territorialisée. L’espace germanique devient ainsi une marqueterie religieuse, ce qui assure pourtant la paix jusqu’en 1618. Cette paix n’était pas une réconciliation pourtant car il était proclamé qu’aucun Etat ne pouvait contraindre par la force un autre Etat et les sujets de celui-ci à changer de religion.

Ensuite, un autre processus de pacification des tensions sera mis en valeur à travers le cas du royaume de France, qui connaît entre 1562 et 1598 une succession de 7 guerres : les catholiques se mobilisent pour exterminer dans le sang la dissidence calviniste qui est pour eux une hérésie dont Dieu exige la destruction. Les « huguenots » vouent leur combat à la destruction de l’Eglise romaine qui est à leurs yeux une nouvelle Babylone. Le pouvoir royal s’efforce, dès le mois de janvier 1562, de freiner le mouvement de conflictualisation en promulguant des édits  dont le  principe est différent de celui que Charles Quint dut  accepter : la  sortie de crise, par le truchement de concessions plus ou  moins  avantageuses ou restrictives selon les textes négociés, octroie la  liberté de conscience et de culte aux réformés : la  coexistence est  alors cohabitation : dans chaque province, chaque ville,  chaque village,  « ceux de la nouvelle religion » peuvent vivre leur foi  sous la  protection de l’autorité royale. Il s’agit d’une grande mutation qui mit près de quarante années à être acceptée par les protagonistes, avec la promulgation en 1598 de l’édit de Nantes.

Parler de « modernité » est toujours problématique, mais la voie française de neutralisation des antagonismes religieux n’est pas sans paraître, même si elle est remise en cause en 1685 par la révocation décidée par Louis XIV, un jalon dans l’émergence du concept moderne de liberté fondée sur l’acception du vivre avec l’autre.

 

Dr. Clarisse ROCHE

La nécessité d’apporter une réponse juridique à la déchirure religieuse qui marque un long XVIe siècle européen s’est peu à peu imposée dans l’Empire puis en France face à l’incapacité des théologiens à régler leurs différends. Au religieux était finalement apportée une réponse juridique par le biais de la Paix d’Augsbourg (1555). Les promoteurs de l’unité chrétienne ne cessèrent cependant jusqu’à la fin du siècle de réfléchir aux fondements sur lesquels les Chrétiens pouvaient encore s’entendre et se réconcilier. Sous l’influence conjuguée d’Erasme mais également de la menace turque qui planait sur la Hongrie toute proche, Vienne devint l’un des centres d’une « voie moyenne » religieuse entre les Eglises confessionnelles en train de s’établir, un laboratoire où, en pratique, en action mais aussi en omission, on essaya de sauver l’unité religieuse, derrière l’Empereur, grâce à la Parole de Dieu.

 

La conférence se tiendra en français.